Jean-Sébastien B.

Ce projet est une énorme chance pour notre région. Je pense surtout aux filières d’enseignements techniques du bassin de l’étang de Berre mais aussi plus loin.
Voilà une production qui change (nous sommes habitués à la pétrochimie et sidérurgie). Aujourd’hui nous pourrions fabriquer des produits portés par l’avenir le tout dans un environnement industriel de technologies dite de pointe. J’ai entendu lors des 2 dernières réunions beaucoup de reproches dans la cause écologique (de personnes étant déjà depuis bien longtemps à la retraite). Pourtant c’est justement cette production qui permettra de gagner en émission de CO2… et surtout offrant des perspectives professionnelles pour de jeunes diplômés. Mais aussi pour des personnes moins qualifiées qui seront formés surplace.
Vivement le top départ.

Nous vous remercions pour votre participation à la concertation. 

Cédric C.

Comment Carbon compte-t’il s’additionner aux autres projets européen comme Holosolis par exemple. Les 2 giga-usines peuvent-elles cohabiter sur le sol français ?
Merci pour votre retour.

Nous vous remercions pour votre participation à la concertation. 

Les projets portés par CARBON et HOLOSOLIS sont différents et complémentaires. CARBON porte un projet intégrant verticalement le cœur de la chaîne de valeur de la croissance des lingots de silicium à l’assemblage des modules, en passant par la découpe des plaquettes de silicium et la fabrication des cellules. Pour rappel, le marché européen va dépasser les 50 GWc de nouvelles capacités installées dès 2023, avec une projection de 100 GWc par an à horizon 2030. Le projet CARBON comme le projet HOLOSOLIS font chacun 5 GWc de capacité de production annuelle. Les deux projets sont donc parfaitement compatibles sur le sol français. 

Collectif Cistude

Bonjour,
Dans l’hypothèse où le projet serait mis en oeuvre, Carbon envisage de stocker sur le site 187 tonnes d’acide fluorhydrique. Quelle serait la provenance de cet acide ? Où serait-il produit ? Comment serait-il transporté sur le site.
Cordialement,
Pour le collectif Cistude,
Christian M.

Nous vous remercions pour votre participation à la concertation. 

Les HF proviendront d’Europe occidentale, possiblement de France. CARBON est en discussion avec plusieurs fournisseurs potentiels. Ils seront transportés sur site en conteneurs-citernes (isotanks) double coque et très sécurisés, soit par voie routière soit par voie ferroviaire, selon les hypothèses les plus probables à ce stade.

ADPLGF

ASSOCIATION DEFENSE ET PROTECTION DU LITTORAL DU GOLFE DE FOS

Avis d’ADPLGF site concertation CARBON
En tant qu’association de défense de l’environnement, nous sommes bien entendu pour la décarbonation des industries de la Zone Industrialo-portuaire. Cette zone industrielle est actuellement représentée par 13 usines Seveso seuil haut qui impactent le golfe de Fos en termes de pollution atmosphérique et de santé publique. L’association accueille d’un bon œil ces nouveaux projets représentant l’industrie du futur beaucoup moins polluante. Nous restons toutefois très attentifs sur l’envergure du projet prévoyant 3 000 emplois pour CARBON et 10 000 emplois en tenant compte de l’ensemble des projets industriels. Nous constatons actuellement avec les usines en place, une saturation des conditions de circulation que ce soit au niveau de la RN 568, de la RN 569 et de la desserte de Port St Louis du Rhone. L’apport de ces nouveaux emplois va multiplier les problèmes de circulation alors que les projets de contournement de la ville de Fos et d’aménagement de la liaison Fos Salon ne sont toujours pas réalisés. La DREAL nous annonce une mise en place des infrastructures à horizon 2035 et la mise en route de la giga usine est prévue pour fin 2026. Il est évident que dans ces conditions la réalisation du projet nous semble prématurée. Nous insistons particulièrement auprès de l’Etat pour activer le projet routier de façon à ce que les populations locales et de transit ne subissent pas des embouteillages conséquents dus à l’augmentation du trafic induit par l’industrie. ADPLGF reste vigilante sur l’état des infrastructures immobilières qui risquent de ne pas être suffisantes avec l’apport de la nouvelle population liée au projet. Aussi, l’association souhaite interpeller l’Etat et les collectivités territoriales pour accompagner cette augmentation de population qui va créer des besoins supplémentaires en matière d’écoles, d’hôpitaux et de transports. Il ne nous paraît pas acceptable que ces industries soient implantées sans les aménagements indispensables à notre territoire pour préserver la qualité de vie des riverains de la zone industrialo-portuaire. Nous souhaitons que l’Etat prenne ses responsabilités pour, dans un 1er temps, faire avancer très rapidement le dossier de la déviation Martigues/Port de bouc avec le contournement de Fos et la liaison Fos/Salon et dans un second temps l’aménagement du territoire en matière d’infrastructure liée à l’augmentation de la population.

Nous vous remercions pour votre participation à la concertation. 

Collectif Cistude

Objet : Contribution du collectif Cistude à la concertation publique sur le projet CARBON

Le collectif Cistude a participé avec assiduité à toutes les réunions de la concertation publique sur le projet CARBON. Le rythme de cette concertation, trop rapide et précipité, a évidemment entravé la participation citoyenne. Notre demande de prolongation de la concertation a fait l’objet d’un refus tacite et nous le regrettons.
Le collectif Cistude a abordé cette concertation avec un a priori favorable pour le photovoltaïque. Toutefois, c’est l’opportunité d’un projet précis, CARBON,  que nous nous sommes efforcés d’évaluer. Au fil de cette concertation sont apparus plusieurs éléments mettant en cause cette opportunité.

Biodiversité
Hormis le tableau page 47 résumant succinctement les données objectives des études d’impact, le caractère patrimonial de la biodiversité du site est systématiquement relativisé dans le corps du dossier de concertation. Malgré une demande de notre part formulée lors de la réunion du 12 septembre 2023 consacrée à cette thématique, puis réitérée à plusieurs reprises, les données des études d’impact sur la biodiversité n’ont pas été rendues publiques dans le temps de la concertation. A ce jour, elles n’ont même pas été publiées dans Silene Expert, base de données du Système d’Information de l’Inventaire et du Patrimoine Naturel (SINP).
C’est très regrettable car le site d’implantation du projet est remarquable, tant en ce qui concerne la flore et la faune que les habitats naturels. Sur une échelle à six niveaux (Favorable – Non significatif – Faible – Modéré – Fort – Majeur ), le niveau d’enjeu est fort en ce qui concerne la continuité écologique (corridor) et majeur en ce qui concerne la faune, la flore et les milieux naturels (zone humide) (cf. dossier de concertation, tableau p. 47).
Dans le dossier de concertation, le descriptif de la séquence ERC en reste au stade des généralités et il en a été de même lors de la réunion du 12 septembre 2023. Les quelques éléments plus précis avancés sont souvent peu sérieux. Ainsi, le maître d’ouvrage envisage, dans le cadre du dossier de demande de dérogation, des « opérations de transferts végétaux et animaux » (dossier de concertation, p. 49). Cette mesure, à l’efficacité très limitée pour la faune, est totalement illusoire en ce qui concerne la flore. De même, lors de la réunion de concertation, le maître d’ouvrage a présenté la pose de «nichoirs à anguilles » comme un élément de la séquence ERC. Faut-il rappeler que les anguilles se reproduisent dans la mer des Sargasses ? Ces éléments ne sont pas anecdotiques. Ils traduisent un défaut de prise en compte de l’enjeu biodiversité dans la conception du projet. S’il était mis en œuvre, le projet CARBON, se voulant vertueux en matière d’écologie, serait entaché par une faute originelle : un écocide.
D’autre part, l’étude des impacts environnementaux présentée, outre le fait qu’elle est incomplète, se limite à l’enceinte du site. Or l’implantation de CARBON ne peut être envisagée sans une adaptation des infrastructures (transport et logement notamment) dont l’impact environnemental serait très important. D’ores et déjà, certains élus locaux, s’appuyant sur les projets industriels en cours, demandent des dérogations à l’objectif ZAN pour construire des logements (La Provence, 14 octobre 2023). Aucune étude du cumul de ces impacts n’a été réalisée.

Infrastructures inadaptées au rythme du projet
Selon le Dire de l’État pour le SCOT de la Métropole Aix Marseille Provence (page 39) : « La prédominance de la voiture individuelle dans les déplacements du quotidien constitue progressivement un frein à l’attractivité de la métropole. Les lignes de bus, cars et TER sont saturées et les usagers rencontrent des difficultés de stationnement dans les gares. Les impacts négatifs sont amplifiés et aggravés : pollution, nuisances sonores, perte de temps pour les usagers, insécurité routière… La ligne ferroviaire littorale construite en 1860, alors que la région comptait 3 fois moins d’habitants qu’aujourd’hui, est en limite de capacité : les trains du quotidien sont saturés de passagers et les taux de retards et d’annulations sont les plus élevés de France. Le réseau ferroviaire vieillissant est désormais confronté à l’enjeu suivant : concilier les circulations ferroviaires avec les nombreux travaux à effectuer sur le réseau ».
Il faut ajouter à ce tableau, peu reluisant mais juste, brossé par l’État la saturation chronique des services de santé, notamment des services d’urgence hospitalière, et la pénurie de logements.

L’implantation de CARBON aurait pour conséquence la création de 3000 emplois directs. Nous avons demandé, à plusieurs reprises, un bilan des emplois indirects et induits susceptibles d’être générés par CARBON. Le maître d’ouvrage n’a pas été en mesure de nous le fournir.
Selon l’Insee, un emploi industriel direct génère 1,5 emploi indirect (sous-traitance) et 3 emplois induits (alimentation, logement, services, etc.). Cela correspondrait, pour les 3000 emplois directs créés par CARBON, à 4500 emplois indirects et 9000 emplois induits, soit un total de 16 500 salariés. Or CARBON envisage une mise en chantier en 2024 pour une mise en exploitation en 2026. Dans le contexte de pénurie d’infrastructures décrit précédemment, un tel afflux de population aggraverait au-delà du supportable le quotidien des citoyennes et citoyens de ce territoire.
La fragilité de l’actuel est incompatible avec la marche forcée qui serait imposée par le rythme du projet CARBON.

Au seul vu de ces deux enjeux, la biodiversité et les infrastructures, le projet CARBON, apparaît donc comme inopportun.
Trois alternatives sont proposées.

Alternative 1. Implanter CARBON sur une des friches industrielles du pourtour de l’Étang de Berre. A titre d’exemple, le choix du site de LyondellBasell, à Berre l’Étang permettrait peut-être d’éviter l’impact sur la biodiversité et de bénéficier d’infrastructures ferroviaires moins obsolètes. Sans préjuger des résultats, une étude sérieuse devrait être menée sur cette option.
Alternative 2. Mettre en œuvre un plan ambitieux de réduction du trafic routier fondé sur le ferroviaire, le fluvial et les pistes cyclables. En l’attente de sa réalisation, reporter le projet CARBON. Cette alternative permettrait de surmonter l’obstacle constitué par l’obsolescence des infrastructures. Toutefois, la problématique de l’impact sur la biodiversité resterait intacte.
Alternative 3. Abandonner le projet CARBON.

Christian M.
Coprésident du collectif Cistude

 

Nous vous remercions pour votre participation à la concertation.

Anne-Gaelle V.

Bonjour,
J’ai compris qu’il y aurait 3 entreprises en une dans l’usine Carbon, dont une partie fonderie. Est il prévu une implantation de laboratoires matériaux et laboratoires de tests pour vérifier la qualité de la production, pour valider les nouveaux projets en développement, pour expertiser les pièces finies en cas de retour garantie?
Y aura t’il des équipes projets dédiées à la R&D de nouveaux produits pour répondre aux évolutions de marché, aux évolutions de contraintes environnementales et aux évolutions de coûts afin de rester toujours à la pointe de la technologie?
Est il prévu une gestion des dépôts de brevets de recherche, de valorisation des découvertes par la possibilité de présenter des sujets de recherche en conférences scientifiques dans le respect de la confidentialité?
Y’aura t’il des services de formations techniques dédiées au photovoltaique pour transmettre les savoirs aux collaborateurs?
J’aimerais pouvoir discuter de l’ensemble de ces sujets avec vous et apporter ma pierre au magnifique édifice que vous êtes en train de créer.
Cordialement.
Anne-Gaëlle V.

 Nous vous remercions pour votre participation à la concertation.

Basée sur une logique d’amélioration continue des techniques de production des cellules et des modules solaires, la giga-usine de CARBON investirait massivement en recherche, développement et innovation (R&D&I), à hauteur de 3% de son chiffre d’affaires, et privilégierait l’innovation incrémentale (elle consiste à améliorer un produit, un service ou un processus existant de manière graduelle sans modifications radicales de leurs caractéristiques de base) pour obtenir des produits de haute qualité, ultraperformants et très bas carbone. Ces produits évolutifs répondraient aux normes et aux restrictions européennes garantissant ainsi leur traçabilité complète ainsi qu’une écoconception optimale. Pour ce faire, CARBON disposerait bien entendu d’un centre de R&D et d’innovation, en appui sur l’écosystème de ses partenaires technologiques (CEA, INES, ISC Konstanz, IPVF…). 

Oui, le projet CARBON comprendrait la création d’une Académie du solaire afin de former les talents aux métiers du solaire. Cette Académie permettrait d’accompagner l’évolution de carrière des salariés au sein de la giga-usine. Aussi, dès à présent CARBON s’engage auprès des acteurs locaux de la formation et du recrutement pour développer la filière solaire en France et faire de la Région sud, une région d’excellence en la matière.   

Une réunion publique s’est tenue le 3 octobre 2023 sur la thématique de l’emploi et de la formation. Nous vous invitons à consulter le verbatim de cette réunion : https://www.concertation-carbon-solar.com/wp-content/uploads/2023/10/CARBON-Retranscription-ReuPubThem3.pdf 

La concertation préalable au projet se termine le 30 octobre 2023.  

Après cette date un temps de concertation continue sera proposé jusqu’à l’enquête publique. Les modalités de cette concertation continue seront rendues publiques dans le bilan du porteur de projet, publié avant le 31 janvier 2024 sur le site de la concertation.  

Corinne L.

Bonjour.
Ayant assisté à plusieurs réunions de concertation je tiens à vous faire remonter mon avis global (qui est partagé avec plusieurs personnes) sur les importants écueils qui remettent en cause la faisabilité du projet Carbon pour le citoyen que je suis? mais qui doivent aussi inciter les promoteurs du projet à mettre bout à bout ces écueils avant de valider le lancement du projet.
– avec les emplois induits on monte à 10 000 personnes. On ne peut pas le définir précisément mais on peut raisonnablement compter qu’ils devront en ‘importer » au moins 5000. Il faut loger ces nouveaux salariés et leurs familles : o% ? avec quels prêts bancaires ? Tout est bloqué. Et les aménagements devront suivre : les écoles , services publics, etc…? o% sont les ressources financières, et en terme d’espaces constructibles ?
– quelles infrastructures de transport des personnes et marchandises : la route est déjà saturée et le ferroviaire même amélioré ne pourra répondre aux besoins.
– pour le site Carbon lui même, il faut trouver 3000 salariés : en « importer » au moins 1500 et dépouiller la quasi totalité de l’offre locale (pour les autres sites). Catastrophique pour les autres sites qui sont déjà en tension forte de personnel qualifié.
– avec les emplois induits on monte à 10 000 personnes. On ne peut pas le définir précisément mais on peut raisonnablement compter qu’ils devront en ‘importer » au moins 5000. Il faut loger ces nouveaux salariés et leurs familles : ou ? avec quels prêts bancaires ? Tout est bloqué. Et les aménagements devront suivre : les écoles , services publics, etc…? ou sont les ressources financières et en terme d’espaces constructibles ?
– quelles infrastructures de transport des personnes et marchandises : la route est déjà saturée et le ferroviaire même amélioré ne pourra répondre au besoin.
– l’idée de faire appel à des chômeurs longue durée et éloignés de l’emploi est fumeuse : ils ont besoin d’un lourd et long accompagnement avant d’être autonomes. Une formation de quelques semaines est ridicule. Le financement des emplois repose sur des aides institutionnelles : comment en être sûr? cela repose sur une volonté d’assistanat. Où sont les start-upeurs autonomes et dynamiques? indépendants de l’intervention étatique?
– selon la chargée de projet de Carbon et dit en réunion : « pour être compétitifs avec la Chine Carbon compte sur une future réglementation européenne de taxe sur les importations ». C’est un pari très risqué : Carbon n’a pas de contrôle sur cette décision qui mettrait tout par terre si elle ne correspondait pas au besoin de Carbon.
– L’enjeu écologique est majeur mais mal défini . L’étude n’est même pas finie ! La possibilité et le montant des mesures de compensation sont des inconnues.
– Le SDIS et les pompiers devront être redimensionnés avec la présence des 3 nouvelles usines. C’est d’une importance capitale ; où sont les études et les budgets sur ce sujet ?
– RTE va alimenter directement Carbon en 225KV grâce à une liaison souterraine, à partir d’un poste à très haute tension situé à 700 m du site et affirme que la distribution électrique des industries de la taille de Carbon est indépendante de celle des particuliers. Les affirmations de RTE ne sont que partiellement vraies car en cas de limitation de la production pour une raison ou une autre (comme les nombreuses centrales à l’arrêt l’hiver dernier), ce sera bien l’ensemble de la fourniture qui sera limitée, particuliers et industrie confondus.
RTE présente la question sous un aspect uniquement local : le découplage des réseaux THT et Moyenne Tension (MT) dans le secteur de Fos est bien réel mais en amont, c’est la quantité totale d’électricité devant être fournie qui devra augmenter. Il faut noter que la consommation crête de Carbon (230MWh) correspond à celle de plus d’1 million d’habitants soit la moitié de la population des Bouches du Rhône. Vu l’état de tension du réseau l’hiver dernier, par exemple, il aurait fallu arbitrer entre fournir la population ou fournir Carbon.

Je vous prie de tenir compte de mes remarques dans l’avis que vous rendrez.
Bien cordialement

Corinne L.

Nicolas B.

Bonjour
Ravis qu une entreprise de cette envergure vienne s’implanter dans notre région

Daniel B.

Bonjour.
Ayant assisté à plusieurs réunions de concertation je tiens à vous faire remonter mon avis global (qui est partagé avec plusieurs personnes) sur les importants écueils qui remettent en cause la faisabilité du projet Carbon pour le citoyen que je suis mais qui doivent aussi inciter les promoteurs du projet à mettre bout à bout ces écueils avant de valider le lancement du projet.
– quelles infrastructures de transport des personnes et marchandises : la route est déjà saturée et le ferroviaire même amélioré ne pourra répondre au besoin. Des investissements massifs seront nécessaires mais rien de défini pour l’instant.
– pour le site Carbon lui même, il faut trouver 3000 salariés : en « importer » au moins 1500 et dépouiller la quasi totalité de l’offre locale (pour les autres sites). Catastrophique pour les autres sites qui sont déjà en tension forte de personnel qualifié.
– avec les emplois induits on monte à 10 000 personnes. On ne peut pas le définir précisément mais on peut raisonnablement compter qu’ils devront en ‘importer » au moins 5000. Il faut loger ces nouveaux salariés et leurs familles : ou ? avec quels prêts bancaires ? Tout est bloqué. Et les aménagements devront suivre : les écoles , services publics, etc…? ou sont les études, les ressources financières et en terme d’espaces constructibles ?
– l’idée de faire appel à des chômeurs longue durée et éloignés de l’emploi est fumeuse : ils ont besoin d’un lourd et long accompagnement avant d’être autonomes. Une formation de quelques semaines est ridicule.
– selon la porte parole de Carbon et dit en réunion : pour être compétitifs avec la Chine Carbon compte sur une future réglementation européenne de taxe sur les importations. C’est un pari très risqué : Carbon n’a pas de contrôle sur cette décision qui mettrait tout par terre si elle ne correspondait pas au besoin de Carbon.
– L’enjeu écologique est majeur mais mal défini . L’étude n’est meme pas finie ! La possibilité et le montant des mesures de compensation sont des inconnues.
– Le SDIS et les pompiers devront être redimensionnés avec la présence des 3 nouvelles usines. C’est d’une importance capitale ; ou sont les études et les budgets sur ce sujet ?
– RTE va alimenter directement Carbon en 225KV grâce à une liaison souterraine, à partir d’un poste à très haute tension situé à 700 m du site et affirme que la distribution électrique des industries de la taille de Carbon est indépendante de celle des particuliers. Les affirmations de RTE ne sont que partiellement vraies car en cas de limitation de la production pour une raison ou une autre (comme les nombreuses centrales à l’arrêt l’hiver dernier), ce sera bien l’ensemble de la fourniture qui sera limitée, particuliers et industrie confondus.
RTE présente la question sous un aspect uniquement local : le découplage des réseaux THT et Moyenne Tension (MT) dans le secteur de Fos est bien réel mais en amont, c’est la quantité totale d’électricité devant être fournie qui devra augmenter. Il faut noter que la consommation crête de Carbon (230MWh) correspond à celle de plus d’1 million d’habitants soit la moitié de la population des Bouches du Rhône. Vu l’état de tension du réseau l’hiver dernier, par exemple, il aurait fallu arbitrer entre fournir la population ou fournir Carbon.

Je vous prie de tenir compte de mes remarques dans l’avis que vous rendrez.
Meilleures salutations
D B.

Richard H.

FNE13, association agréée, fédère 50 associations de protection de la nature et de l’environnement, dont plusieurs de leurs représentants sont intervenus au cours des différentes réunions publiques qui ont émaillé la courte période de concertation publique sur le projet CARBON de méga-usine de fabrication de panneaux voltaïques. Eu égard à l’ampleur du travail d’investigation et d’analyse que ce dossier génère pour nos associations, nous regrettons que notre demande de prolongation de la durée de concertation n’ait pas reçu de réponse de la part de la Commission nationale du débat public.

Nos interventions ont permis d’aborder différents sujets de préoccupation sur lesquelles vous nous permettrez ici de revenir.

La consommation de ressources

L’objectif de décarbonation de l’industrie, et celui de moindre dépendance vis-à-vis de pays tiers, ne saurait justifier de s’engager, à grande échelle, sur des pistes qui se seraient pas suffisamment étayées sur le plan social, environnemental et économique. Un bilan prévisionnel complet justifiant le projet est indispensable dès lors que la consommation envisagée de ressources est aussi importante.

Nous sommes tout particulièrement attentifs à la provenance des matières premières (et aux conditions sociales et environnementales de leur extraction), à la consommation en eau qu’elle soit qualifiée d’industrielle ou de potable (il s’agit dans les deux cas de l’eau de nos fleuves -le bassin du Rhône- et de nos rivières -le bassin de la Durance- dont on annonce une baisse du débit d’environ 30 %), et bien sûr en électricité dont les besoins sont croissants et les sources non neutres en impact environnemental.

La localisation du projet

La localisation envisagée pour le projet nous interpelle à plusieurs titres :

la consommation d’espaces non artificialisés, écologiquement riches malgré leur situation au cœur du foncier portuaire, alors même qu’il existe au bas mot 250 ha de friches industrielles sur la Métropole Aix-Marseille-Provence, dont la maîtrise foncière doit être assurée (cf. loi ZAN)
l’éloignement du site envisagé des zones d’habitat, ce qui génère :
de longs temps de trajet domicile/travail, préjudiciables à la qualité de vie et à l’environnement, et qui constituent un handicap majeur pour l’embauche des personnels
une charge pour la collectivité (et l’entreprise) pour la mise en œuvre des solutions de mobilité adaptées, moins impactantes pour l’environnement.

Signalons à ce titre que les friches industrielles existantes se situent à une proximité plus raisonnable de zones d’habitat, et des réseaux de transport et d’énergie.

L’effet délétère d’entraînement au développement de projets écocides

Pendant que le porteur de projet, accompagné par les services de l’Etat, semble déployer certains efforts pour minorer l’impact environnemental de son projet, notamment en termes de mobilité des salariés et de transport des marchandises, d’autres acteurs en appellent à l’accélération de projets écocides, notamment routiers.

Il est utile de rappeler que :
les infrastructures routières doivent, en toute logique, être dimensionnées pour l’heure moyenne tandis que les transports collectifs, eux, doivent être dimensionnées pour l’heure de pointe
le Préfet de Région a indiqué, en synthèse du débat public sur le projet de liaison Fos-Salon, que l’Etat prendra ses responsabilités, mais qu’il incombe aussi aux collectivités territoriales de prendre les leurs (développement du train, des transports collectifs, des pistes cyclables …)
les études de trafic confirment, s’il en était besoin, que les routes appellent les routes (et le trafic) et la non-réalisation du barreau des étangs permet d’en rester à un dimensionnement des tronçons nord et sud de cette liaison Fos-Salon moins impactant pour l’environnement
une gestion dynamique du trafic permet d’optimiser l’utilisation des infrastructures et d’éviter leur élargissement, toujours préjudiciable à l’environnement cf. RD 268).

La gestion des risques industriels

Nous ne saurions rappeler l’attention extrême qu’il convient d’apporter à la gestion des risques industriels, s’agissant de la perspective d’une ICPE de type Seveso seuil haut.
Il eut été préférable de disposer, dès la concertation publique, d’indication plus précise sur les dispositions envisagées en matière de PPRT dans un contexte de co-existence de sites industriels déjà soumis à cette réglementation.

Vous l’avez compris, notre fédération restera vigilante aux suites qui pourront être données à cette concertation publique, sur l’ensemble des thématiques évoquées ci-avant.
Restant à votre disposition pour tout contact, nous vous prions d’agréer, Messieurs les garants, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Richard H., Président FNE13

Pour voir le courriez, cliquez-ici 

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